Lors de la consultation d’anesthésie, une patiente montre son stylo injecteur à l’anesthésiste, qui prend des notes.

25/10/2026

Guillaume Velé

rédacteur, non professionnel de santé

Ozempic avant une opération : faut-il arrêter ? Wegovy, Mounjaro, GLP-1

Ozempic avant une opération, mais aussi Wegovy, Mounjaro ou un autre médicament de la famille des GLP-1 : dites-le à l’anesthésiste, et n’arrêtez pas le traitement de vous-même. Ces médicaments ralentissent la vidange de l’estomac : même à jeun, il peut rester du contenu, qui risque de remonter vers les poumons pendant une anesthésie générale ou une sédation profonde. Les autorités de santé britanniques, les anesthésistes américains, britanniques et australiens convergent sur ce message, même si leurs consignes pratiques ont évolué depuis 2023. Voici ce qu’elles disent, et les questions à préparer.

Réponse en bref

Le régulateur britannique du médicament (MHRA) demande depuis janvier 2025 que les patients signalent ces traitements à l’équipe et à l’anesthésiste, et qu’ils continuent à les prendre comme prescrit sans les arrêter avant d’en avoir parlé à leur médecin.

Les recommandations récentes ne demandent plus, en règle générale, d’arrêter le traitement avant une opération programmée. L’anesthésiste évalue le risque au cas par cas et peut adapter le jeûne ou la technique d’anesthésie.

QuestionCe que disent les recommandations récentesQui décide
Faut-il arrêter le traitement ?En général non ; jamais de sa propre initiativeLe médecin et l’anesthésiste
Faut-il le signaler ?Oui, dès la consultation d’anesthésieVous
Le jeûne change-t-il ?Parfois : des liquides clairs seulement la veille, pour certains patientsL’anesthésiste
L’anesthésie change-t-elle ?Possible : anesthésie locorégionale, échographie de l’estomacL’anesthésiste

Quels médicaments sont concernés ?

On parle des agonistes du récepteur du GLP-1, prescrits dans le diabète de type 2 ou l’obésité, et des agonistes doubles GIP et GLP-1. Les noms les plus connus sont Ozempic et Wegovy (sémaglutide), Mounjaro (tirzépatide), Victoza et Saxenda (liraglutide) ou Trulicity (dulaglutide). Les injections hebdomadaires comme les formes quotidiennes ou orales sont concernées.

L’ANZCA, le collège des anesthésistes d’Australie et de Nouvelle-Zélande, ajoute les « peptides » amaigrissants vendus hors circuit médical. Ils doivent être déclarés eux aussi, même s’ils ont été achetés sans ordonnance.

Ozempic avant une opération : pourquoi l’anesthésiste doit le savoir

Ces médicaments ralentissent la digestion. Pendant une anesthésie générale ou une sédation profonde, les réflexes qui protègent les voies respiratoires disparaissent : si l’estomac n’est pas vide, son contenu peut remonter et passer dans les poumons. C’est l’inhalation, qui peut provoquer une pneumonie.

L’ANZCA cite une étude britannique publiée en 2026 dans la revue Anaesthesia : la régurgitation y était 11 fois plus fréquente chez les patients sous GLP-1, le risque absolu restant faible. Sa page d’information pour les patients précise que l’effet sur l’estomac peut durer plusieurs semaines après la dernière injection. C’est pourquoi un arrêt de quelques jours, décidé seul, ne garantit rien.

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Faut-il arrêter son traitement avant l’opération ?

Les consignes ont changé. En octobre 2024, l’American Society of Anesthesiologists et quatre autres sociétés savantes américaines ont publié des recommandations communes : la plupart des patients doivent continuer leur traitement avant une chirurgie programmée. En janvier 2025, le consensus britannique publié dans Anaesthesia va dans le même sens : poursuivre le traitement pendant toute la période opératoire, avec une évaluation individuelle du risque.

La MHRA comme l’ANZCA sont claires : ne pas arrêter sans en avoir parlé au médecin qui a prescrit le traitement.

Le jeûne peut être adapté

Le consensus britannique demande de respecter les règles de jeûne habituelles : il n’a pas trouvé de preuve qu’un jeûne prolongé rende l’anesthésie plus sûre. Les recommandations américaines et la page patients de l’ANZCA prévoient en revanche, pour les patients jugés à risque, de ne prendre que des liquides clairs pendant les 24 heures qui précèdent.

Ces consignes ne s’appliquent pas d’office à tout le monde. Suivez celles que l’équipe vous donne : elles l’emportent sur les règles générales. Notre calculateur de jeûne avant une opération aide à organiser l’horaire que l’anesthésiste vous a fixé.

Qui est le plus exposé ?

Les recommandations américaines citent les patients qui commencent le traitement ou dont la dose vient d’augmenter, ceux qui ont des nausées, des vomissements, des ballonnements ou une constipation, et ceux qui ont une autre cause de vidange lente, comme la maladie de Parkinson ou une gastroparésie du diabète. Elles proposent de reporter une chirurgie programmée tant que la phase d’augmentation des doses n’est pas terminée ou que les troubles digestifs persistent.

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Ce que l’anesthésiste peut faire

  • Vous interroger le jour même sur vos symptômes digestifs.
  • Vérifier l’estomac par une échographie rapide avant l’anesthésie, quand le risque paraît élevé.
  • Préférer une anesthésie locorégionale quand l’intervention le permet, comme le recommande le consensus britannique.
  • Adapter la technique d’anesthésie générale pour protéger les voies respiratoires, ou reporter l’intervention si le risque reste trop élevé.

Ce que vous pouvez préparer

  • Le nom exact du médicament, sa forme (injection hebdomadaire, quotidienne, comprimé) et la raison de la prescription.
  • La date et l’heure de la dernière prise : l’ANZCA demande de les connaître.
  • Les changements de dose récents et les troubles digestifs des dernières semaines.
  • Tout produit pris hors ordonnance pour maigrir : le déclarer n’expose à aucun jugement, et c’est votre sécurité qui en dépend.

Ces points se notent avant la consultation d’anesthésie, avec le reste de votre préparation à l’opération. Si un rhume ou une fièvre s’ajoutent, voir aussi rhume ou fièvre avant une opération.

Urgence : après une anesthésie, un essoufflement brutal, une difficulté à respirer ou une douleur dans la poitrine : appelez immédiatement le 15 (SAMU) en France, ou le 112 depuis n’importe quel pays européen. Ne conduisez pas vous-même.

Questions fréquentes

Et pour une coloscopie ou une endoscopie sous sédation ?

La sédation profonde est concernée au même titre que l’anesthésie générale, selon la MHRA. Signalez le traitement à l’équipe qui réalise l’examen ; la préparation digestive peut être adaptée.

J’ai oublié de le signaler à la consultation : que faire ?

Appelez le service ou l’établissement dès que possible, avant le jour de l’intervention. Le jour même, dites-le encore à l’infirmier et à l’anesthésiste : ils vous le demanderont.

Une anesthésie locale suffit-elle à éviter le problème ?

Le risque d’inhalation tient surtout à l’anesthésie générale et à la sédation profonde. Une anesthésie locale ou locorégionale le réduit, mais seule l’équipe peut dire si elle convient à votre intervention.

Existe-t-il une recommandation française ?

À la date de cette page, nous n’avons pas trouvé sur le site de la Société française d’anesthésie et de réanimation de recommandation propre à ces médicaments. Les équipes françaises s’appuient sur les recommandations internationales et sur leurs propres protocoles : l’anesthésiste vous dira lesquelles il applique.

Sources institutionnelles


Notice éditoriale : article rédigé le 23 octobre 2026 à partir de sources institutionnelles consultées à cette date. Il informe sans poser de diagnostic ni se substituer à l’avis de votre équipe soignante. Référence interne : glp1-avant-operation-20261023.

Guillaume Velé - Fondateur de Guidechirurgie.fr et responsable de communication médicale à Paris

Article rédigé par Guillaume Velé | Fondateur et éditeur de GuideChirurgie.fr, il travaille dans la communication digitale en santé et conçoit des contenus d’information destinés aux patients. Il n’est pas professionnel de santé. Les sources et les limites de chaque contenu restent consultables sur la page.

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