Une pharmacienne mesure le tour de mollet d’une patiente assise, avant de choisir la taille de ses bas de contention.

24/10/2026

Guillaume Velé

rédacteur, non professionnel de santé

Bas de contention : classes, ordonnance, remboursement et bon usage

Un bas de contention est un dispositif médical : un tissu très élastique qui serre la jambe plus fort à la cheville qu’en haut, pour aider le sang à remonter vers le cœur. En France, il existe quatre classes, de la plus légère à la plus forte, et trois hauteurs : chaussettes, bas et collant. C’est le médecin qui choisit la classe, la hauteur et la durée, après avoir vérifié l’absence de contre-indication, et c’est le pharmacien qui prend les mesures. Voici les classes, l’ordonnance, le remboursement, l’enfilage et l’entretien.

Réponse en bref

Selon l’Assurance Maladie, la compression réduit la dilatation des veines, accélère le retour du sang et diminue le gonflement. Elle se prescrit notamment en cas de varices, après une opération, une phlébite ou une embolie pulmonaire. La classe se définit par la pression exercée à la cheville, mesurée en millimètres de mercure (mmHg).

Le bon bas est celui de l’ordonnance, à la bonne taille : une classe trop forte, une taille approximative ou un bas qui roule peuvent faire plus de mal que de bien.

ClassePression à la chevilleRepère
Classe 1de 10 à 15 mmHgLa plus légère
Classe 2de 15,1 à 20 mmHgIntermédiaire
Classe 3de 20,1 à 36 mmHgForte
Classe 4plus de 36 mmHgLa plus forte

À quoi sert un bas de contention ?

La compression appuie sur la jambe de façon dégressive : plus fort à la cheville, moins fort en remontant. L’Assurance Maladie décrit trois effets : les veines se dilatent moins, le sang veineux circule plus vite, et le volume de la jambe diminue, avec un effet contre l’œdème. La compression rend aussi plus efficace la pompe musculaire du mollet pendant la marche.

La Haute Autorité de santé distingue deux usages, avec une fiche de bon usage pour chacun : prévenir un caillot (thrombose veineuse) et traiter les maladies veineuses chroniques.

Les quatre classes de compression en France

En France, les bas sont répartis en quatre classes selon la pression mesurée à la cheville : la classe 1 est la plus légère, la classe 4 la plus forte (voir le tableau ci-dessus, repris de l’Assurance Maladie). « Contention » et « compression » désignent la même chose.

Une classe plus forte n’est pas une meilleure classe : c’est une décision médicale. Ne changez jamais de classe de vous-même.

Chaussettes, bas ou collant : choisir la hauteur

  • Chaussettes ou mi-bas : jusque sous le genou. La bande du haut se place sous le genou, sans la replier.
  • Bas : jusqu’en haut de la cuisse, souvent autofixants, avec une bande antiglisse fragile qu’il ne faut pas tirer.
  • Collant : les deux jambes jusqu’à la taille, quand la prescription porte sur toute la hauteur des deux membres.

La hauteur figure sur l’ordonnance : en changer suppose l’accord du médecin.

Pourquoi une ordonnance ?

Avant de prescrire, le médecin vérifie qu’il n’existe pas de contre-indication. La principale est l’artérite des membres inférieurs : serrer une jambe dont les artères sont rétrécies peut l’abîmer. Il inscrit ensuite sur l’ordonnance le type, la hauteur, la durée et le niveau de compression adapté à votre problème de santé.

  • Sans ordonnance, aucun remboursement n’est possible.
  • Si votre état change (prise ou perte de poids, nouvelle plaie, douleur), la prescription doit être revue.

Prendre ses mesures en pharmacie

Un bas de contention ne se retouche pas : il doit être parfaitement adapté à vos jambes. L’Assurance Maladie conseille de choisir une pharmacie qui permet d’essayer les produits. Le pharmacien relève la pointure, le tour de cheville, le tour du mollet et la hauteur entre le sol et le haut du bas. Faites-le de préférence le matin, avant que les jambes ne gonflent.

Exemples de modèles de classe 2

Voici deux modèles vendus en pharmacie en ligne, des chaussettes et des bas, annoncés en classe 2 par leur fabricant. Ce sont des exemples à comparer à votre ordonnance, pas des recommandations : seule votre fiche de mesures dit quelle taille prendre.

Remboursement : ce que prend en charge l’Assurance Maladie

Les bas, chaussettes et collants de compression sont remboursés sur prescription médicale, à condition que le modèle figure sur la liste des produits et prestations remboursables (LPP). Une complémentaire santé peut compléter, selon votre contrat.

Le nombre de paires remboursées est limité et se compte de date à date, non sur l’année civile, selon les conseillers de l’Assurance Maladie. Leurs réponses publiées ne donnent pas toutes la même limite : vérifiez-la auprès de votre caisse avant de renouveler.

Bien enfiler ses bas

  • Enfilez-les le plus tôt possible après le lever, juste après la toilette, sur une peau sèche, sans crème.
  • Retournez le bas sur l’envers en laissant le pied à l’endroit, glissez la pointe du pied puis le talon, et déroulez sans plis.
  • Asseyez-vous sur un siège bas, sur un sol non glissant, pour limiter le risque de chute.

En cas de difficulté, l’Assurance Maladie cite un enfile-bas ou l’aide d’une autre personne pour la pointe du bas.

Entretien et renouvellement

  • Ayez deux paires, pour pouvoir les laver en alternance.
  • Lavez à la main à l’eau tiède, avec un savon neutre et sans adoucissant, sauf si la notice autorise la machine.
  • Essorez sans tordre, faites sécher à plat à l’air libre, jamais au sèche-linge, et ne repassez pas.
  • Remplacez les bas tous les quatre à six mois en cas de port quotidien : un bas trop mou, dont la bande frise ou dont la cheville baille, n’est plus efficace.

Difficultés et signes qui doivent faire consulter

Chaleur, peau sèche (une crème s’applique alors le soir, au coucher), allergie au caoutchouc ou plaie sur le tibia : parlez-en au pharmacien ou au médecin.

Les fiches des hôpitaux du NHS donnent des signes qui doivent faire retirer le bas et prévenir l’équipe : une douleur, une rougeur ou une irritation de la peau, des fourmillements, un engourdissement, ou un pied qui change de couleur. Une douleur, une chaleur ou un gonflement d’un seul mollet font penser à une phlébite et demandent un avis médical sans attendre.

Urgence : essoufflement brutal, douleur dans la poitrine ou crachats de sang, en particulier après une opération ou une phlébite : appelez immédiatement le 15 (SAMU) en France, ou le 112 depuis n’importe quel pays européen. Ne conduisez pas vous-même.

Les situations particulières

Questions fréquentes

Peut-on acheter des bas de contention sans ordonnance ?

Oui, ils sont en vente libre, mais sans ordonnance ils ne sont pas remboursés et personne n’a vérifié l’absence de contre-indication. Demandez un avis médical avant.

Faut-il les garder la nuit ?

En général non pour les bas du quotidien, qui se retirent au coucher. Les bas anti-thrombose remis après une opération peuvent avoir d’autres consignes : suivez celles de l’établissement.

Quelle différence avec les bas anti-thrombose ?

Les bas anti-thrombose préviennent un caillot chez une personne alitée ou peu mobile, souvent à l’hôpital. Les bas du quotidien traitent la maladie veineuse chez une personne qui marche.

Sources institutionnelles


Notice éditoriale : article rédigé le 23 octobre 2026 à partir de sources institutionnelles consultées à cette date. Il informe sans poser de diagnostic ni se substituer à l’avis de votre équipe soignante. Référence interne : bas-de-contention-20261023.

Guillaume Velé - Fondateur de Guidechirurgie.fr et responsable de communication médicale à Paris

Article rédigé par Guillaume Velé | Fondateur et éditeur de GuideChirurgie.fr, il travaille dans la communication digitale en santé et conçoit des contenus d’information destinés aux patients. Il n’est pas professionnel de santé. Les sources et les limites de chaque contenu restent consultables sur la page.

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