Patiente lisant un formulaire d'arrêt maladie et ses indemnités à l'hôpital.

19/11/2025

Guillaume Velé

Arrêt de travail après une opération : démarches et indemnités du salarié

Après une opération, un arrêt de travail peut être prescrit si l’état de santé empêche temporairement d’exercer son emploi. Il n’est pas automatique : le médecin tient compte du geste, des suites, du poste, des trajets, du télétravail possible et des risques liés à une reprise trop précoce.

Actualité : le plafond annuel des franchises médicales et des participations forfaitaires doit doubler en octobre 2026. Notre article explique ce qui change concrètement autour d’une opération.

Ce guide concerne le salarié du secteur privé en arrêt maladie ordinaire. Les règles diffèrent pour un accident du travail, une maladie professionnelle, la fonction publique, un indépendant ou un demandeur d’emploi. Les montants et conditions présentés sont ceux vérifiés le 16 juillet 2026.

Estimer vos indemnités journalières

Estimation indicative pour un arrêt maladie ordinaire d’un salarié du secteur privé débutant à partir du 1er juillet 2026. Le calcul se fait entièrement dans votre navigateur : rien n’est transmis ni enregistré.

Additionnez les 3 derniers salaires bruts avant l’arrêt et divisez par 3. Le montant figure sur vos bulletins de paie.

La durée réelle est fixée par le médecin, jamais par une estimation.

Repères appliqués (vérifiés le 13 août 2026 sur ameli.fr, arrêts débutant depuis le 01/07/2026) : indemnité = 50 % du salaire journalier de base (moyenne des 3 derniers mois bruts ÷ 91,25) ; salaire mensuel pris en compte plafonné à 2 613,83 € ; indemnité maximale 42,97 € bruts/jour ; 3 jours de carence non indemnisés ; CSG-CRDS de 6,7 % déduits ; 360 indemnités maximum sur 3 ans. L’estimation ne vaut pas décision : seule la CPAM calcule vos droits réels, sous conditions d’ouverture (notamment 150 heures travaillées sur les 3 derniers mois). Votre convention collective ou votre employeur peuvent compléter ces montants (maintien de salaire) : renseignez-vous auprès du service RH.

Arrêt maladie après une opération : la réponse en bref

Après une opération, l’arrêt maladie n’est ni automatique ni fixé uniquement par le nom de l’intervention. Il est prescrit par le chirurgien, un médecin de l’établissement ou le médecin traitant lorsque l’état de santé et les contraintes réelles du poste rendent la reprise temporairement impossible. Avant la sortie, demandez qui remet l’avis, sa date de début et le contact à utiliser si une prolongation doit être discutée. Le salarié doit prévenir son employeur sans délai et transmettre les volets requis à l’Assurance Maladie lorsqu’ils n’ont pas été envoyés en ligne. Les indemnités journalières dépendent ensuite des droits ouverts et du traitement du dossier ; la convention collective ou la prévoyance peut prévoir un complément. La durée doit être réévaluée selon la cicatrisation, la douleur, les trajets, la conduite, la manutention et les possibilités d’aménagement. Pour anticiper les démarches avant l’admission, consultez notre checklist de préparation avant une opération.

Qui prescrit l’arrêt de travail après une chirurgie ?

Le chirurgien ou un médecin de l’établissement peut prescrire l’arrêt initial au moment de la sortie s’il l’estime médicalement justifié. Le médecin traitant peut aussi le prescrire après évaluation. L’important est que le prescripteur constate l’incapacité à travailler et dispose des éléments nécessaires sur l’intervention et l’emploi.

Demandez avant la sortie qui établira le document et comment recontacter le service. Ne supposez pas que l’arrêt sera inclus automatiquement dans le dossier. Si aucun arrêt n’a été prévu mais que la reprise paraît impossible, consultez rapidement un médecin avec le compte rendu opératoire et la description précise de votre poste.

Quelle durée d’arrêt après une opération ?

Il n’existe pas de durée valable pour toutes les opérations ni pour tous les métiers. L’Assurance Maladie publie des référentiels indicatifs pour certains gestes, mais précise qu’ils doivent être adaptés. Un travail assis, la conduite, la manutention, le port d’équipement ou les horaires atypiques n’imposent pas les mêmes capacités.

La durée tient aussi compte des complications, de la douleur, de la cicatrisation et des maladies associées. Un référentiel n’est donc ni un minimum acquis ni une date de reprise obligatoire. Pour organiser les aspects non médicaux, consultez la checklist de récupération à domicile, en suivant d’abord les consignes de l’équipe.

À compter du 1er septembre 2026, la première prescription sera limitée à trente et un jours et chaque prolongation à soixante-deux jours. Il s’agit de plafonds administratifs par prescription, pas d’une durée totale imposée à la récupération. Un nouvel avis peut être établi si l’état de santé le justifie, après réévaluation médicale.

Transmettre l’arrêt à la caisse sous quarante-huit heures et prévenir l’employeur sans délai

Si l’arrêt est transmis en ligne

Le professionnel envoie les éléments destinés à la caisse de façon dématérialisée. Le salarié prévient aussi son employeur sans délai et lui remet le volet destiné dans le délai fixé par la convention collective ou l’accord applicable ; à défaut, l’usage est de le transmettre dans les quarante-huit heures. Le respect des quarante-huit heures fait également partie des conditions du complément employeur légal.

Si l’arrêt est établi sur papier

Le salarié adresse sous quarante-huit heures les volets 1 et 2 à la CPAM ; il transmet le volet 3 à l’employeur selon le délai applicable indiqué ci-dessus. Depuis juillet 2025, le formulaire papier sécurisé remis par le professionnel est obligatoire ; un scan ou une photocopie n’est pas recevable par la caisse. Conservez une preuve d’envoi et une copie pour votre dossier.

Un retard peut entraîner une sanction sur les indemnités, notamment en cas de nouvel envoi tardif. Si une hospitalisation ou une circonstance sérieuse vous a empêché d’agir, transmettez sans attendre et expliquez la situation à la CPAM. Les obligations envers l’employeur peuvent aussi être précisées par la convention collective.

Conditions pour recevoir les indemnités journalières

Pour un arrêt ne dépassant pas six mois, le salarié doit, dans le cas général, justifier soit d’au moins cent cinquante heures de travail au cours des trois mois ou quatre-vingt-dix jours précédents, soit d’un niveau minimal de cotisations calculé à partir du Smic au cours des six mois précédents. Au-delà, des conditions supplémentaires d’affiliation et d’activité s’appliquent.

La CPAM vérifie ces éléments à partir de l’attestation de salaire et du dossier. Les situations saisonnières, les employeurs multiples, le chômage récent ou un arrêt long obéissent à des modalités particulières. Utilisez la page officielle plutôt qu’un simulateur non daté.

Calcul, plafond et délai de carence des IJ

L’indemnité journalière maladie correspond, dans le cas général, à la moitié du salaire journalier de base calculé à partir des salaires bruts de référence, dans une limite réglementaire. Pour les arrêts débutant à compter de juillet 2026, le salaire mensuel retenu est plafonné à 2 613,83 euros bruts et l’IJ ne peut dépasser 42,97 euros bruts par jour.

Ces montants peuvent évoluer avec le Smic ou la réglementation. Vérifiez-les à la date de l’arrêt. L’IJ ne remplace donc pas nécessairement tout le salaire. Elle peut être versée directement par la CPAM ou à l’employeur en cas de subrogation.

En maladie ordinaire, la CPAM applique normalement trois jours de carence et l’indemnisation commence au quatrième jour. Des exceptions existent, notamment pour certains arrêts successifs liés à une affection de longue durée ou une prolongation après une reprise très brève. La convention collective peut prévoir un maintien de rémunération pendant tout ou partie de cette période.

Le complément de salaire versé par l’employeur

Le régime légal prévoit un complément employeur sous conditions : ancienneté minimale, justification de l’incapacité dans les quarante-huit heures, affiliation à un régime ouvrant droit aux IJ et soins reçus en France ou dans l’Espace économique européen. Certaines catégories de salariés ne relèvent pas de ce dispositif légal.

Pour un arrêt maladie ordinaire, le délai légal du complément court au-delà de sept jours d’absence. La convention collective, un accord d’entreprise ou un régime de prévoyance peut être plus favorable, réduire ce délai ou organiser un maintien plus large. Consultez votre bulletin de paie, la convention applicable et le service de paie avant d’estimer votre revenu.

La subrogation signifie que l’employeur maintient la rémunération selon les règles applicables et reçoit les IJ à votre place. Elle ne crée pas une indemnité supplémentaire. Comparez les dates et montants figurant sur les relevés de la CPAM et les bulletins de salaire.

Prolongation : qui peut la prescrire ?

La prolongation doit en principe être prescrite par le médecin à l’origine de l’arrêt initial ou par le médecin traitant. Des exceptions sont prévues, notamment pour leur remplaçant, un spécialiste consulté à la demande du médecin traitant ou une prolongation lors d’une hospitalisation. Si un autre médecin intervient parce que les prescripteurs habituels sont indisponibles, la raison doit être indiquée.

Les dates de l’arrêt initial et de la prolongation doivent se suivre. Anticipez la consultation si la reprise reste impossible, sans attendre la fin du document. Une prolongation régulière ne déclenche pas une nouvelle carence de la CPAM. La durée reste une décision médicale individualisée.

Préparer la reprise du travail

La fin de l’arrêt ne signifie pas que toutes les activités sont redevenues possibles. Parlez au médecin des gestes réels du poste, des déplacements et des contraintes. Une visite de pré-reprise, un aménagement, un temps partiel thérapeutique ou un contact avec le service de prévention et de santé au travail peuvent être discutés selon la situation.

Notre guide sur le parcours chirurgical aide à replacer la reprise dans le suivi général. Si vous préparez encore l’intervention, la checklist préopératoire rappelle les documents professionnels à anticiper.

Pour organiser concrètement la convalescence à la maison pendant l’arrêt, nos guides matériel après opération recensent l’équipement courant (contention, hygiène, confort), à faire confirmer par l’équipe soignante selon l’intervention.

Et pour situer votre cas par rapport aux repères publiés par l’Assurance Maladie, consultez notre tableau des durées de référence d’arrêt de travail par opération.

Questions fréquentes

Le chirurgien doit-il obligatoirement prescrire l’arrêt ?

Non. Il peut le faire s’il l’estime justifié, mais le médecin traitant peut aussi prescrire après évaluation. Clarifiez l’organisation avant la sortie.

Une opération donne-t-elle automatiquement droit aux IJ ?

Non. Il faut un arrêt médicalement justifié, respecter les démarches et remplir les conditions administratives d’ouverture des droits.

Peut-on fixer la durée selon le nom de l’opération ?

Non. Les référentiels sont indicatifs. Le médecin adapte la durée au geste, aux suites et au poste occupé.

Sources vérifiées

Notice éditoriale : article d’information générale préparé à partir des sources listées et vérifié éditorialement le 16 juillet 2026. Il ne constitue ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Vérifiez votre situation auprès de la CPAM, de l’employeur et des professionnels compétents.

Guillaume Velé - Fondateur de Guidechirurgie.fr et responsable de communication médicale à Paris

Article rédigé par Guillaume Velé | Fondateur et éditeur de GuideChirurgie.fr, il travaille dans la communication digitale en santé et conçoit des contenus d’information destinés aux patients. Il n’est pas professionnel de santé. Les sources et les limites de chaque contenu restent consultables sur la page.

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