Des frissons après une anesthésie générale ou régionale peuvent survenir dès la salle de réveil. Ils peuvent être liés au refroidissement, à l’environnement du bloc ou aux effets des médicaments sur la régulation de la température. Ils peuvent aussi apparaître sans hypothermie clairement mesurée.
Ce symptôme est connu des équipes d’anesthésie, mais il ne doit pas être interprété seul. Son évolution, le moment d’apparition, la respiration, la peau, la plaie et l’état général permettent de décider s’il s’agit d’un inconfort transitoire ou d’un tableau qui nécessite une évaluation.
Pourquoi peut-on avoir des frissons après une anesthésie ?
Température, environnement et thermorégulation
Une salle d’opération est maintenue dans des conditions adaptées aux soins, tandis que la peau peut être exposée et que des liquides sont administrés. Dans le même temps, l’anesthésie modifie la façon dont l’organisme détecte et corrige les variations de température. Ces facteurs peuvent favoriser une sensation de froid et des contractions musculaires involontaires.
Frissonner ne prouve toutefois pas que la température corporelle est basse. L’équipe mesure les constantes au lieu de se fier à la sensation seule. À l’inverse, une température qui paraît normale sur un appareil domestique ne suffit pas à exclure une complication lorsque d’autres symptômes apparaissent.
Anesthésie générale et anesthésie régionale
Les frissons sont décrits après plusieurs techniques d’anesthésie. Une anesthésie générale agit sur la vigilance et la thermorégulation ; une anesthésie régionale peut modifier les sensations et la répartition de la chaleur dans les zones concernées. Le type de chirurgie, la durée d’exposition et les caractéristiques du patient influencent également le contexte.
La consultation d’anesthésie avant une opération permet de signaler un épisode antérieur important, une difficulté à se réchauffer, une réaction médicamenteuse ou une maladie susceptible de modifier la surveillance.
Que surveille l’équipe en salle de réveil ?

La salle de surveillance post-interventionnelle est précisément conçue pour observer le réveil. L’équipe évalue notamment la respiration, l’oxygénation, la circulation, la température, la douleur, la conscience et l’évolution du site opéré. Signalez les frissons plutôt que d’essayer de les maîtriser seul sous le drap.
Les soignants peuvent ajuster les mesures de réchauffement et rechercher un autre facteur selon le tableau. Le traitement éventuel relève de l’équipe : il dépend de l’anesthésie, des antécédents, de la chirurgie et des médicaments déjà administrés. Un même geste n’est pas approprié pour tous.
Une température normale exclut-elle un problème ?
Non. Une mesure isolée doit être replacée dans l’ensemble des signes. Des frissons peuvent précéder une élévation de température, accompagner une douleur, une réaction ou une infection, mais ils peuvent aussi rester un effet transitoire du réveil. De la même façon, une fièvre n’indique pas à elle seule sa cause.
Regardez surtout la trajectoire : les frissons diminuent-ils, reviennent-ils après une accalmie ou deviennent-ils plus intenses ? La respiration est-elle habituelle ? La vigilance s’améliore-t-elle ? Le dossier sur la fièvre après une opération explique pourquoi l’état général et les symptômes associés comptent autant que le chiffre affiché.
Comment observer l’évolution après le retour à domicile ?

- notez le moment d’apparition et le caractère continu ou intermittent ;
- observez la respiration, la couleur de la peau et la vigilance ;
- regardez la plaie sans retirer un pansement contre les consignes ;
- relevez les douleurs nouvelles, symptômes urinaires, nausées ou vomissements ;
- gardez l’ordonnance et le numéro du service à portée de main.
Des frissons qui réapparaissent à domicile ne doivent pas être automatiquement attribués à l’anesthésie. Le contexte a changé et une infection, une réaction, un problème respiratoire ou une autre complication peut nécessiter un avis. Après une chirurgie ambulatoire, l’accompagnant au retour peut aider à repérer une somnolence inhabituelle ou une aggravation.
Transparence commerciale : l’image et le bouton ci-dessous sont affiliés et renvoient vers le même thermomètre exact. GuideChirurgie peut recevoir une commission sans modifier le prix payé. Il sert uniquement à documenter une mesure si l’équipe vous l’a demandé : une température normale n’exclut pas une complication et des signes d’alerte imposent un appel sans attendre une nouvelle mesure.
Comment se réchauffer en limitant le risque de brûlure ?
Suivez d’abord les consignes de sortie. Dans une pièce à température confortable, ajoutez progressivement des vêtements secs ou une couverture légère, sans enfermer la plaie ni comprimer un membre opéré. Si la peau est engourdie ou si la vigilance reste réduite, une source de chaleur peut brûler sans être ressentie correctement.
- N’utilisez pas de bouillotte, coussin chauffant ou couverture électrique sur une zone insensible.
- Évitez le bain très chaud et l’alcool pour « réchauffer » le corps.
- Ne placez pas une source de chaleur sur un pansement, un plâtre ou une plaie.
- Ne prenez pas un médicament supplémentaire sans vérifier l’ordonnance et les contre-indications.
Transparence : aucun appareil de réchauffement n’est recommandé ni affilié dans cet article. Le seul produit présenté plus haut est un thermomètre de mesure, pas un traitement ; si les frissons persistent ou reviennent, la priorité est de contacter l’équipe.
Quand contacter rapidement le service opérateur ?
- les frissons sont incontrôlables, récidivants ou s’intensifient ;
- une sensation de fièvre, un malaise ou une altération de l’état général apparaît ;
- la douleur augmente au lieu de reculer ;
- des brûlures urinaires, une difficulté à uriner ou une douleur lombaire surviennent ;
- la plaie devient plus rouge, chaude, gonflée, douloureuse ou suintante ;
- des vomissements empêchent de suivre les consignes d’hydratation.
Une infection de cicatrice opératoire ne se confirme pas à distance. Décrivez la chirurgie, la trajectoire des frissons, l’aspect de la plaie et les traitements déjà pris. N’utilisez pas un reste d’antibiotique et ne modifiez pas le pansement pour masquer un écoulement avant l’avis.
Quand appeler le 15 ou le 112 ?
Appelez le 15 ou le 112 si les frissons s’accompagnent d’une difficulté à respirer, d’une douleur thoracique, d’un gonflement du visage, de la langue ou de la gorge, d’une éruption étendue avec malaise, d’une confusion, d’une perte de connaissance, d’une convulsion, d’une peau très pâle, bleutée ou marbrée, ou d’une aggravation rapide.
Une réaction allergique grave peut associer plusieurs de ces signes. Elle ne se diagnostique pas en observant uniquement la peau. Indiquez au régulateur qu’une anesthésie et une opération ont eu lieu récemment. Ne conduisez pas vous-même si la respiration, la vigilance ou l’état général est altéré.
Quelles informations préparer avant l’appel ?
- le nom et la date de l’intervention ;
- le type d’anesthésie si vous le connaissez ;
- le début, la fréquence et l’évolution des frissons ;
- les mesures de température déjà réalisées sans les interpréter seules ;
- la respiration, la vigilance, la peau, la plaie et les symptômes associés ;
- les médicaments pris depuis la sortie.
Le guide sur la récupération après chirurgie à domicile aide à regrouper les documents, les numéros et les observations utiles. Si une consigne personnalisée est plus stricte que cet article, elle prime.
Questions fréquentes
Les frissons prouvent-ils que j’ai une infection ?
Non. Ils peuvent accompagner le réveil anesthésique, un refroidissement ou d’autres situations. Une infection reste possible selon le moment, la plaie et les symptômes associés. L’évolution doit être décrite au service plutôt qu’étiquetée seul.
Peut-on avoir des frissons sans fièvre ?
Oui. Les frissons postopératoires ne correspondent pas tous à une fièvre, et une mesure normale n’exclut pas tout problème. Respiration, vigilance, douleur, peau et trajectoire restent essentiels.
Les nausées changent-elles la conduite ?
Des nausées après l’anesthésie peuvent compliquer l’hydratation et accompagner un malaise. Si vous vomissez, ne pouvez pas boire selon les consignes ou devenez plus somnolent, contactez le service.
Sources médicales vérifiées
- Royal College of Anaesthetists — Frissons après anesthésie
- NHS — Anesthésie générale et effets indésirables
- Guy’s and St Thomas’ NHS — Effets indésirables et complications
- NICE — Prévention et prise en charge de l’hypothermie périopératoire
- Royal College of Anaesthetists — Réaction allergique grave pendant ou après l’anesthésie
- UCLH — Repérer une infection de plaie opératoire
Notice éditoriale : article d’information générale vérifié le 17 juillet 2026. Il ne permet pas d’identifier à distance la cause de frissons et ne remplace ni les consignes de sortie ni l’évaluation d’une aggravation.


